Un an avant la « guerre » en Irak, j’ai accompagné une équipe de « Peace Inspectors » pour rencontrer des Irakiens et dénicher la paix là où elle existait. Quand les Etats-Unis ont envahi l’Irak en 2003, j’étais remplie de colère contre la présence des militaires américains. Je connaissais ce type de gars du lycée. Ils séchaient les cours d’histoire et souvent quittaient l’école avant de l’avoir terminée. Et les voilà en train de décider le sort d’un peuple dont ils ne savaient rien et qu’ils ont appris à mépriser à l’armée. Plus la guerre avançait, plus j’entendais des récits tristes et terribles de mes amis irakiens, mais j’en lisais tout autant sur les soldats américains. J’ai vu à quel point ils étaient brisés eux aussi et à quel point ils souffraient dans leur conscience. Je suis allée à leur rencontre et je leur ai demandé de me raconter leurs histoires, mais aussi leurs perception des Irakiens et l’Irak. J’ai découvert de jeunes hommes qui ont cru aux discours sur l’ennemi, qui croyaient bien faire et qui, du haut de leurs 18 ans, chargés de désirs de vengeance et de justice post-11 septembre, étaient partis pour se retrouver face à des gens ordinaires comme eux.

 

Taking Back the Bullets est le nom de l’ensemble de portraits que j’ai faits des soldats, vétérans et Irakiens. Deux d’entre eux – Joe et Hussein – m’ont particulièrement touchée. Deux films leurs sont dédiés, GI Joe et Âmes en uniforme.

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